Fillon : « Il n’y a pas de plan B »

Déterminé, François Fillon a mis en garde ceux qui, dans son camp, cherchaient un plan B: « Aucune instance n’a la légitimité pour remettre en cause le vote de la primaire ».
« Il n’y a pas de plan B », a martelé lundi, lors d’une conférence de presse, à plusieurs reprises un François Fillon déterminé. Si le candidat à la droite a présenté ses « excuses » aux Français pour ce qu’il a qualifié d' »erreur » -avoir fait le choix de faire travailler sa famille comme collaborateurs -, l’ancien Premier ministre, combatif, a aussi lancé un ferme avertissement à tous ceux qui, dans son camp, préparaient déjà son remplacement par un autre candidat : « J’ai été choisi par des millions de Français. Je ne suis pas le candidat d’un parti. Aucune instance n’a la légitimité pour remettre en cause le vote de la primaire. »
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Sous le regard de Bruno Retailleau, Eric Ciotti, Hervé Gaymard ou Gérard Longuet et devant quelque 250 journalistes, François Fillon a clairement affirmé sa détermination à ne pas se laisser renverser sans combattre, alors que les statuts de la primaire ne prévoient aucune procédure pour un éventuel remplacement du candidat élu. « Maintenant je suis debout », a-t-il prévenu. Si près de la présidentielle, « la droite ne peut pas avoir d’autre candidat crédible », a-t-il affirmé. « Plan B? On a vu qu’il n’y en avait pas. Un de mes amis a utilisé une belle formule : plan B, c’est plan Berezina ».
Fillon s’attaque à Macron et Le Pen
« Le but de cette opération est d’effacer le choix des électeurs de la primaire », a-t-il accusé. « On ne pourra pas leur voler leur choix. On ne pourra pas les faire taire. » François Fillon s’est directement adressé aux électeurs de droite : « Manifestement, mon programme dérange le désordre établi, [mais ce programme], je suis le seul à pouvoir le mettre en œuvre. »
Malgré les appels de certains parlementaires à son retrait, « ce qui compte c’est la solidité de l’électorat de droite ». Et « la vérité c’est que, malgré tout ça, une majorité de Français de droite souhaite que je porte mon projet de rupture » et ne « veut pas être confrontée au choix entre M. Macron et Mme Le Pen », a-t-il affirmé. « Il n’y a pas d’autre solution! Il n’y a pas de plan B! Si la droite et le centre veulent être présents au second tour de la présidentielle, il faut maintenant faire bloc. »
La volonté d’un nouveau départ en campagne
Après avoir détaillé son patrimoine et annoncé qu’il publierait sur Internet le détail des rémunérations de son épouse, François Fillon a donc confirmé son intention de repartir en campagne dès le lendemain. « C’est une nouvelle campagne qui commence », a lancé celui qui devait réunir dans la foulée son comité stratégique – « il y aura toutes les personnalités qui comptent dans ma famille politique », a-t-il dit – et s’adresser mardi aux parlementaires. « C’est avec une énergie décuplée et une détermination farouche que j’aborde les prochaines semaines de campagne », a-t-il averti. « Peut être que la violence des attaques contre moi a renforcé ma détermination et que la colère froide qui est en moi aujourd’hui va me donner encore plus de force. »
Quant aux mauvais sondages, il les a balayés d’un revers de main : « Vous savez ce que je pense des sondages. » Au passage, le candidat a tout de même indiqué se prévaloir du soutien toujours d’actualité des sympathisants de droite, sans préciser s’il évoquait le sondage du JDD de dimanche sur le sujet. « Rien ne pourra me faire changer d’avis. Je suis candidat à l’élection présidentielle et je suis candidat pour la gagner », a-t-il insisté. En jouant son va-tout lors de cette conférence de presse, le candidat a probablement réussi à calmer la tempête qui agitait les élus de droite. Reste à savoir s’il a convaincu les Français.